L’ABEILLE BLEUE

C’est du miel, du pollen et dix millions d’ouvrières au service de la biodiversité…

En effet, en pollinisant les fleurs, les abeilles accomplissent un travail discret mais indispensable sans lequel nous ne pourrions plus savourer la plupart des fruits et légumes.

Créé en 1990, le Rucher de l’Abeille bleue veut rester une exploitation agricole de caractère familiale. Dominique, épaulé par Marie Ray élève 250 colonies qui produisent, suivant les années,  plusieurs variétés de miels sous label « AB » (agriculture biologique).

Six variétés de miel, du pollen, du jus de pomme…

Les ruches sont transhumées entre la plaine d’Alsace et les forêts vosgiennes pour récolter six variétés de miel : fleurs, acacia, tilleul, châtaignier, montagne et sapin. Au printemps, il récolte aussi un magnifique pollen multicolore qui est un excellent fortifiant.

Installé pendant 17 ans sur les hauteurs de Fréland, Dominique a déplacé en 2007 ses locaux professionnels dans un bâtiment qu’il a construit avec un collègue, Olivier Gotorbe. Cette « Miellerie du pays Welche » est située dans la zone artisanale de Fréland, dans le bas du village. L’extraction du miel, la mise en pot, le stockage, le travail de menuiserie se fait en bas, par contre la fabrication des pains d’épices par Marie Ray se fait toujours en haut !

L’automne, Dominique récupère aussi en montagne, chez des particuliers , des pommes issues de vergers haute tige pour en faire un délicieux jus de pomme. Ne pouvant être certifiés AB, il aime à dire que « ces pommes n’ont connu que la caresse du vent et le baiser du soleil »… Et c’est bien la réalité !

L’apiculture, un travail au rythme des saisons

Les ruches, de type Dadant ou Langsroth, hivernent en plaine sur des sites choisis pour leur richesse en plantes pourvoyeuses de pollen en fin et début de saison.

A la fin de l’été, les balsamines, la renouée du Japon, le lierre… vont favoriser l’élevage des abeilles qui vont assurer la transition jusqu’à la belle saison. C’est au printemps que l’élevage est le plus intense, la population de la ruche va croître de 10 000 à 50 000 abeilles ! Les abeilles doivent récolter énormément de pollen qu’elles vont trouver notamment sur les différentes variétés de saule et les noisetiers.

C’est au printemps que l’on va récolter le pollen multicolore aux fabuleuses propriétés dans des sites choisis pour éviter sa contamination par les pesticides.

 Les abeilles vont rester sur les sites d’hivernage, jusqu’à la floraison de l ‘aubépine, qui permettra de faire un beau miel toutes fleurs à la couleur ambrée et celle de l’acacia. Ensuite un rucher partira dans la forêt de la Harth du côté de Munchouse pour faire du miel de tilleul.

Toutes les autres ruches, vont être transportées en montagne pour récolter le miel de  châtaignier et, ensuite, ce miel presque noir tellement prisé, le miel de Sapin. Mais il n’y en a que les années où de petits pucerons verdâtres sont présents sur les aiguilles des sapins. Ce sont eux qui vont pomper la sève et rejeter des petites gouttes de sucre que les abeilles vont ramasser. Donc sans eux, pas de miel de sapin.

Les hausses de miel sont récoltés naturellement, sans même, la plupart du temps, utiliser de fumée. Un plateau « chasse abeille » est inséré entre le corps de la ruche et la hausse. Les abeilles attirées par la reine vont quitter peu à peu la hausse. Ne pouvant remonter, au bout d’une  journée , la hausse va être vide d’abeille.

Ces hausses vont être ramassées et ramenées au local d’extraction.

Les rayons sont d’abord désoperculés, c’est à dire qu’ on enlève avec un couteau la fine pellicule de cire que les abeilles ont secrété pour fermer les alvéoles remplies de miel, avant d’être mis dans un « extracteur ». C’est une centrifugeuse, qui par rotation rapide, va faire sortir, à froid, le miel des alvéoles. Une fois vide, les rayons vont pouvoir être remis dans les hausses et sur les ruches. Le miel est ensuite filtré dans des « maturateurs » où il va décanter pour le débarrasser des fines particules de cire qu’il contient encore, puis stocké dans des seaux en attendant sa mise en pot.

Après la dernière récolte, il faut rapidement s’occuper du varroas. C’est un parasite des abeilles qui fait de gros dégâts dans les ruches. Le cahier de charge de l’apiculture bio , n’autorise que l’utilisation d’essence de thym , d’acide formique et oxalique , qu’on trouve naturellement à l’état de trace dans le miel.

Ensuite, il faut vérifier si les abeilles ont stocké suffisamment de provision pour passer l’hiver : chaque ruche a besoin de 16kg de nourriture. Tout ce que les abeilles ont stocké dans le corps de la ruche leur est laissé. S’il en manque, on leur donnera du sirop fait à partir de sucre… issu de l’agriculture biologique pour notre exploitation.

Ce travail accompli, on laisse nos abeilles tranquilles jusqu’au printemps.